La décolonisation est un phénomène géopolitique majeur qui marque la deuxième partie du XXème siècle. Il s'agit d'un processus historique par lequel des populations dominées par une puissance étrangère accèdent à l'indépendance politique, c'est-à-dire à la souveraineté nationale et internationale et à l'admission à l'ONU.
I/ Les enjeux de la décolonisation
A- Les acteurs
a/ Les mouvements indépendantistes
- Ils se sont constitués avant la seconde Guerre mondiale dans la plupart des régions colonisées. Les élites, le plus souvent formées dans leur métropole au respect de la liberté et des droits de l'Homme, donnent l'impulsion : Gandhi et Nehru en Inde ; Ho Chi Minh en Indochine ; Soekarno en Indonésie ; Bourguiba en Tunisie ; le sultan Ben Youssef au Maroc ; Ferhat Abbas, notable modéré, et Messali Hadj, plus radical, en Algérie ; Léopold Sedar Senghor au Sénégal, Félix Houphouët-Boigny en Côte-d'Ivoire, Sekou Touré en Guinée, N'Khruma au Ghana.
- Les problèmes suscités par la domination coloniale sont à l'origine de ces mouvements :
▪ L'appauvrissement des artisans et des petits paysans (dans un contexte de réduction des terres disponibles et de pression démographique) ;
▪ L'humiliation (réquisition, main-d'œuvre forcée, exploitation des ressources naturelles) ;
▪ la domination du modèle culturel occidental.
b/ Les métropoles
- Sorties très affaiblies de la guerre, les métropoles s'attachent à rétablir leur puissance coloniale et à retrouver leur prestige.
- Confrontées aux mouvements de libération nationale, elles ne conçoivent pas encore l'idée d'indépendance de leurs colonies.
- Les deux premières puissances coloniales abordent la question des réformes coloniales de manière différente :
▪La France les pense en termes d'assimilation au sein d'une Union française (à la suite de la conférence de Brazzaville, en janvier 1944) ;
▪Le Royaume-Uni a une conception plus économique et commerciale (pour garder la maîtrise de son empire, il promet des réformes au sein du Commonwealth).
c/ Les supergrands et l'ONU
- Les Etats-Unis, ancienne colonie anglaise, et l'URSS, au nom de la lutte anti-impérialiste, encouragent les mouvements d'émancipation coloniale. Ils y voient un moyen d'empêcher les anciennes métropoles coloniales (France et Royaume-Uni) de retrouver leur puissance.
Les Etats-Unis reconnaissent l'indépendance des Philippines dès 1946.
- L'ONU, dont la charte proclame « l'égalité des droits des peuples » et « le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », fait de l'émancipation coloniale une de ses priorités (c'est la mission du Conseil de tutelle). L'ONU devient la tribune du débat colonial.
- Le partage de la Palestine britannique (1947) : c'est la première manifestation du consensus entre les deux Grands et l'ONU sur la question coloniale entre les deux Grands et l'ONU sur la question coloniale.
Le Royaume-Uni, trop affaibli pour régler la question de la présence de Juifs en Palestine entre un Etat arabe et un Etat Juif (Israël).
Le plan de l'ONU est adopté avec l'approbation des deux Grands.
B- Le rôle de la Guerre
a/ La guerre ébranle les puissances coloniales
- La défaite militaire de 1940 et l'occupation allemande de la France, des Pays-Bas et de la Belgique ont détruit leur prestige.
- Les peuples colonisés demandent la reconnaissance de leur participation à la victoire (de nombreuses troupes coloniales mobilisées ont combattu et ont eu beaucoup de pertes).
b/ La guerre favorise les nationalismes en Asie et en Afrique du Nord
- Profitant de l'affaiblissement des puissances coloniales, le Japon a cherché à prendre leur place en Asie : il s'est présenté en libérateur en Indochine, en Malaisie, en Birmanie, en Indonésie ; il y a encouragé les sentiments anti-européens pour intégrer ces pays à sa « sphère de coprospérité ». Cette attitude japonaise a entrainé l'organisation d'une lutte clandestine contre cette nouvelle forme d'occupation. C'est pourquoi, dès la capitulation japonaise, l'Indochine et l'Indonésie proclament leur indépendance.
- En Afrique du Nord, les nazis se sont livrés à une propagande anticolonialiste et ont fait libérer les nationalistes tunisiens (Bourguiba), escomptant qu'ils se révoltent contre la France.
c/ La guerre consacre les droits de l'Homme et la démocratie
- Dès août 1941, la Charte de l'Atlantique, qui affirme le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, reconnait de facto la légitimité de la lutte pour l'indépendance.
II/ La décolonisation en Asie et en Afrique
A- La décolonisation sans grands conflits armés
a/ Dans l'empire britannique des Indes
- Les nationalistes se sont divisés en deux grandes tendances :
▪Le parti du Congrès (Gandhi, Nehru) qui veut le maintien de l'unité indienne après le départ des Anglais ;
▪La Ligue musulmane (Ali Jinnah) qui exige la création de deux Etats séparés, dont l'un serait musulman.
- Le Royaume-Uni, qui finit par octroyer l'indépendance à l'empire des Indes, le 15 août 1947, opte pour le partage et la création de deux Etats : l'Union indienne, et le Pakistan musulman (composé de deux territoires éloignés l'un de l'autre). Cette partition entraîne de violents affrontements communautaires, le mécontentement d'un grand nombre d'Indiens (ce dont Gandhi fut victime) et des déplacements de population.
b/ Dans les autres colonies britanniques d'Asie
- L'indépendance est octroyée à Ceylan en 1947, à la Birmanie en 1948.
- La Malaisie et Singapour n'accèdent à la pleine indépendance qu'en 1957, étant donnés les intérêts économiques en jeu (richesse en étain et en caoutchouc, situation stratégique).
c/ Au Maroc et en Tunisie
Ces deux protectorats français obtiennent leur indépendance en 1956, à la suite de tensions qui n'ont pas dégénéré en guerre : la France avait pourtant tenté d'imposer un régime de co-souveraineté par la méthode forte, telle l'arrestation de Bourguiba en Janvier 1952 et celle du sultan Mohamed Ben Youssef en août 1953. Pour enrayer la guerre probable, Pierre Mendès France inaugure un processus de paix par son discours de Carthage (31 Juillet 1954).
B- La décolonisation violente
a/ En Asie
- Le cas de l'Indonésie : occupées par les Japonais en 1942, les Indes néerlandaises proclament leur indépendance le 17 août 1945. Les Pays-Bas s'y opposent par la force. Ce n'est que sous la pression de l'ONU et des Etats-Unis que les Pays-Bas finissent par reconnaître l'indépendance de la république d'Indonésie en 1949, présidée par Soekarno.
- Le cas de l'Indochine : le communiste Hô Chi Minh proclame la république démocratique du Vietnam, le 2 Septembre 1945.
Face à cette situation, la France hésite entre :
▪la négociation politique (l'accord Hô Chi Minh-Sainteny, du 6 Mars 1946, reconnaît la république du Vietnam comme un « Etat libre » faisant partie de la Fédération indochinoise, membre de l'Union française) ;
▪la reconquête militaire, qui finit par l'emporter à partir de la fin de l'année 1946 (bombardement français du port d'Haiphong et attaque des quartiers français de Hanoï par le Vietminh).
Harcelé par la guérilla, le corps expéditionnaire français reçoit le soutien financier des Américains, à partir de 1949, tandis que le Vietminh est aidé par l'URSS : la guerre d'Indochine devient un des lieux d'affrontement des deux Grands. La guerre coloniale se transforme en enjeu de la guerre froide.
La défaite française de Dien Biên Phû (7 mai 1954) permet aux négociations, entamées à Genève, de parvenir à un accord qui scelle l'indépendance du Vietnam (momentanément coupé en deux par le 17ème parallèle, avant que des élections générales n'y aient lieu), ainsi que du Laos et du Cambodge.
b/ En Afrique
- Le cas de l'Algérie
▪La défaite de la France en 1940 et le débarquement américain donnent espoir aux mouvements indépendantistes. Le jour de la capitulation allemande, le 8 mai 1945, des émeutes éclatent à Sétif : la répression est sanglante. Sourde aux revendications des Algériens, la France de la IVème République cherche à conserver l'Algérie au sein de l'Union française. Mais ses réformes incomplètes exacerbent l'opposition des nationalistes, Ben Bella, Boudiaf, Aït Ahmed, Belkacem Krim, qui créent le Front de libération nationale (FLN) et choisissent l'insurrection armée, le 1er Novembre 1954.
▪Tenant compte de la situation particulière de l'Algérie (trois départements français, importante communauté européenne – 1 million sur 9,5 millions d'habitants), le gouvernement français n'engage pas de processus de décolonisation comme en Tunisie et au Maroc.
▪Au bout de 7 ans de guerre (avec torture, massacres, envoi du contingent à partir de 1956, terrorisme du FLN et de l'Organisation de l'armée secrète – OAS, crée par ceux qui se battent pour que l'Algérie reste française), la France accorde finalement son indépendance à l'Algérie par les accords d'Evian en mars 1962.
c/ Dans le reste de l'Afrique
- A Madagascar, la France réprime violemment l'insurrection de mars 1947.
- Au Congo belge (Zaïre), l'indépendance obtenue en 1960 grâce à l'action de Patrice Lumumba entraîne des troubles. L'ONU envoie des troupes pour maintenir l'unité du pays menacée par la sécession de la province minière de Katanga. La situation est stabilisée en 1965 au profit du général Mobutu.
- Au Kenya, la révolte des Mau-Mau rend difficile l'indépendance accordée par le Royaume-Uni en 1963 (avec le leader nationaliste Jomo Kenyatta).
- En Angola et au Mozambique, malgré de rude combats, l'accession à l'indépendance ne fut possible qu'en 1975 avec la chute de la dictature de Salazar au Portugal.
C- Les décolonisations négociées en Afrique noire
a/ L'accession à l'indépendance des colonies britanniques
- Le Ghana (ancienne Côte-de-l'Or) devient indépendant en 1957 avec le chef nationaliste N'Krumah, dans le cadre du Commonwealth.
- Les autres colonies accèdent à l'indépendance entre 1960 et 1965 : la Rhodésie du Nord qui devient la Zambie, en 1964 ; la Rhodésie du Sud, en 1965, avec un régime d'apartheid qui sera supprimé en 1980, la Rhodésie prenant alors le nom de Zimbabwe.
b/ L'accession à l'indépendance des colonies françaises (AEF/AOF)- En 1956, la loi-cadre Defferre donne naissance à une vie politique africaine en instituant des Assemblées élues au suffrage universel avec des compétences législatives et des Conseils exécutifs élus par elles.
- En 1958, la Communauté française rassemble des Etats devenus souverains, à l'exception de la Guinée de Sékou Touré qui refuse d'y adhérer.
- En 1960, la Communauté disparaît et les Etats africains, désormais indépendants, établissent des liens bilatéraux avec la France.
III/ Emergence et éclatement du Tiers-monde
A- De Bandoeng au non-alignement : l'émergence politique
a/ La conférence de Bandoeng (Java, Indonésie) du 18 au 24 Avril 1955
Cette conférence marque la naissance politique du Tiers-monde.
- Cette initiative vient, en 1954, des cinq premiers pays décolonisés d'Asie orientale (Inde, Pakistan, Ceylan, Birmanie, Indonésie), inquiets de l'extension de la guerre froide en Asie.
- La conférence réunit les représentants de 29 pays (23 d'Asie, 6 d'Afrique) qui apportent leur appui aux revendications d'indépendance des pays du Maghreb et à la lutte des pays Arabes contre Israël, et qui condamnent l'apartheid. Ils réclament une coopération mondiale pour lutter contre la pauvreté et le sous-développement.
- Trois tendances s'opposent :
▪Les non-engagés (Nehru, Nasser) qui condamnent la politique des blocs ;
▪Les pro-occidentaux (Pakistan, Turquie, Irak, etc.)
▪Les deux pays communistes (Chine, Vietnam du Nord) qui, avec Zhou Enlaï, s'assurent une audience considérable.
- Malgré ces divergences, ils parviennent à un accord sur cinq principes : respect de la souveraineté de tout Etat, égalité des nations, non-agression, non-ingérence dans les affaires intérieures, coexistence pacifique.
b/ Suez : 1956, la première victoire du Tiers-monde- Pour disposer des moyens financiers indispensables à la modernisation de l'Egypte, le colonel Nasser (qui a pris le pouvoir en 1954) annonce le 26 Juillet 1956 la nationalisation du canal de Suez.
- La France et le Royaume-Uni, principaux actionnaires du canal décident de réagir, pour mettre fin à l'influence de Nasser au Moyen-Orient et pour priver l'Algérie de tout soutient dans sa guerre de libération. Israël s'associe à l'expédition militaire (31 Octobre – 6 Novembre 1956).
- Les deux Grands, opposés à cette nouvelle situation, font céder les vieilles puissances coloniales : Nasser sort vainqueur de cette crise, dans la mesure où il a sur transformer la défaite militaire en victoire politique.
B- La recherche de l'unité entre les pays du Tiers-monde
a/ Par le mouvement des non-alignés
- Il tente de s'affirmer à la conférence de Belgrade, en 1961. Les Etats participants (dont la Yougoslavie et Cuba) manifestent leur refus de s'aligner sur l'un des deux blocs en s'intégrant à des alliances ou en acceptant des bases militaires.
- Cette tentative d'affirmation politique sur le plan international ne résiste pas aux pressions soviétiques ou américaines : la plupart des pays du tiers-monde, convoités pour leur position stratégique ou pour leurs richesses naturelles, deviennent un enjeu de la guerre froide.
b/ Par la demande d'un « nouvel ordre économique international »
- A partir des années 1960, le thème de la revendication d'un partage plus juste des richesses avec les pays développés unifie les pays du tiers-monde, plus que le thème de l'émancipation à l'égard des blocs.
- Quelle définition du « tiers-monde » ?
Expression d'Alfred Sauvy (1952), le tiers-monde a fait l'objet de multiples définitions : soit ensemble des pays récemment décolonisés et conservant les séquelles de la colonisation, soit pays non-alignés, soit pays sous-développés. Tour à tour contestées, ces définitions n'ont plus cours à la fin du XXe siècle. Le terme de tiers-monde répond désormais à un ensemble de cinq critères :
▪Critères économiques : prédominance du secteur agricole, dualisme de l'économie (secteur moderne qui exporte/ économie traditionnelle peu productive), étroitesse du marché intérieur, PNB très faible, grandes disparités régionales ;
▪Critères démographiques : une « démographie galopante », une urbanisation concentrée dans des mégapoles et dominée par l'habitat spontané (bidonvilles, favelas) ;
▪Critères sociaux : très fortes inégalités sociales, malnutrition et sous-nutrition, sous-encadrement médical et situation sanitaire précaire ;
▪Critères culturels : forte proportion d'analphabètes, poids des mentalités traditionnelles qui rend difficile la mobilité exigée par la modernisation ;
▪Critères politiques ; une identité nationale souvent mal définie (les frontières politiques mises en place au moment des indépendances ne correspondant pas aux réalités culturelles sur le terrain), des institutions politiques fragiles, propices à l'établissement de dictatures, une administration souvent corrompue.
L'Amérique latine, qui répond à ces critères, rejoint les pays d'Asie et d'Afrique dans leurs revendications à partir du milieu des années 1960.
- Des décisions à l'échelle internationale
▪En 1964, la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) est créée pour remédier à la faiblesse de l'économie des pays du tiers-monde et pour sortir leurs sociétés de l'impasse. Les négociations ouvertes sont décevantes.
▪En 1973, à la conférence d'Alger, les pays du tiers-monde défendent la déclaration sur « le nouvel ordre économique international », NOEI. Cette déclaration souligne le droit des Etats du tiers-monde de nationaliser leurs ressources naturelles et les activités économiques situées sur leur territoire, le droit d'obtenir une revalorisation des prix des matières premières, le devoir des pays riches d'offrir un traitement préférentiel aux exportations des pays pauvres.
Ces principes ont débouché, entre autre, sur la décision des pays de l'OPEP d'augmenter le prix du pétrole en 1973 (« arme économique » utilisée à l'occasion de la guerre du Kippour) et sur des accords de coopération entre la CEE et les pays d'Afrique Caraïbes Pacifique, ACP (accords de Lomé, 1975).
- Des regroupements régionaux sont crées pour dépasser les rivalités nationales et affirmer la puissance du tiers-monde :
▪en 1948, l'Organisation des Etats Américains (OEA)
▪en 1963, l'Organisation de l'Unité africaine (OUA)
▪en 1967, l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN)
c/ Par la voie révolutionnaire
- L'échec des tentatives d'émergence politique, par conférences internationales et union régionales, incite certains, comme Che Guevara, à mener une lutte révolutionnaire contre l'impérialisme. Ce mouvement s'affirme, lors de la conférence de La Havane (en 1966), par la formation de l'organisation transcontinentale, chargée de représenter tous les opprimés d'Asie, d'Afrique, et d'Amérique latine. La guérilla rurale devient la méthode de combat.
- La mort du Che en 1967 met en question le choix de cette stratégie révolutionnaire tiers-mondiste. Des dictatures militaires s'installent dans la plupart des pays d'Amérique Latine (Brésil en 1964, Bolivie en 1971, Chili en 1973, Argentine en 1976). Les différentes tentatives d'organisation unitaire du tiers-monde ont échoué.
C- L'éclatement du tiers-monde
a/ La diversification des situations économiques
- Le choix d'une stratégie de développement propre à chaque Etat a contribué à cette diversification : substitution aux importations pour assurer le démarrage de l'industrie locale, au Brésil ; valorisation des exportations grâce à l'aide de capitaux étrangers attirés par le faible coût de la main-d'œuvre, par des avantages fiscaux et par l'abondance des matières premières, dans certains pays d'Asie du Sud-Est (les Quatre dragons, la Chine) ; industries industrialisantes prises en charge par l'Etat, en Algérie ; Révolution verte en Inde où l'Etat diffuse des variétés de céréales à haut rendement, ce qui suppose l'emploi d'engrais, de l'irrigation, de pesticides, et la mécanisation.
- Au cours des années 1970, les pays du tiers-monde solvables ont pu emprunter, à faibles aux d'intérêts, aux banques ou aux organisations publics des pays riches. Au cours des années 1980, les revenus escomptés sont trop faibles pour honorer les dettes, étant donné la baisse du cours des matières premières (pétrole, cacao, café, etc.).
Les pays en déficit minés par une énorme inflation intérieur, cherchent à rééchelonner leurs dettes. Le FMI exige d'eux des politiques de réajustement structurel (libéralisation de l'économie et réduction des dépenses de l'Etat) aux graves conséquences sociales : chômage, hausse du coût des denrées de première nécessité, diminution des subventions et des dépenses sociales.
L'endettement est générateur de pauvreté et de tensions intérieures.
- A partir des années 1980, les NPI s'opposent aux PMA.
▪Dans les NPI (Brésil, Argentine, Mexique et les quatre dragons – Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong), la prospérité des industries manufacturières d'exportation a permis l'enrichissement de l'Etat, la mise en place d'infrastructures et d'une industrie de base, l'élévation du niveau de vie. La démographie baisse et le marché intérieur devient le moteur de l'économie.
▪Les pays pétroliers du golfe persique ont connu un enrichissement considérable, mal réparti socialement.
▪Dans les PMA, la pauvreté s'accroit, génératrice d'exclusion et de tensions. Les conflits interethniques se multiplient : Biafra au Nigéria ; Rwanda face au Burundi.
b/ L'éclatement politique
- Au Moyen-Orient
▪En 1975, le Liban sert d'abcès de fixation à toutes les tensions accumulées dans la région : question palestinienne créée par la rivalité entre les pays arabes et Israël, ambitions régionales de la Syrie, rivalité entre l'Egypte et la Syrie, enrichissement des chrétiens soutenus par les intérêts américains.
▪Entre 1980 et 1988, la guerre qui oppose l'Irak et l'Iran est un affrontement entre deux cultures (arabisme et islamisme) pour la même ambition régionale : dominer le Moyen-Orient.
▪En août 1990, l'Irak envahi le Koweït, riche en pétrole.
- En Afrique
▪La guerre entre la Libye et le Tchad n'est suspendue qu'en 1987.
▪Au cours des années 1980, la guerre civile ruine les Etats de la Corne d'Afrique : Ethiopie, Somalie.
▪Les guerres civiles sont endémiques en Afrique noire.
- En Asie
▪En 1978, le Vietnam envahit le Cambodge pour contrôler la péninsule indochinoise.
c/ L'éclatement religieux
- L'incapacité des systèmes en place à résoudre la misère est à l'origine de l'intégrisme religieux : musulman au Moyen-Orient et au Maghreb, hindouiste en Inde et protestant dans les bidonvilles d'Amérique latine.
La multiplication des guerres et la montée de l'intégrisme masquent l'échec des ambitions régionales et la persistance dans la misère